Dernier milieu naturel sur la façade méditerranéenne, la Camargue, d'une part en raison de sa situation géographique et son climat particulier, et d'autre part à cause de l'utilisation bien spécifique qu'exige le gardiennage des taureaux, abrite une race de chevaux bien particulière.

En effet, c'est dans cette contrée sauvage, âpre, meurtrie par le soleil et le mistral que vit certainement depuis la préhistoire un petit cheval blanc d'une rusticité et d'une endurance inégalées.

La Camargue est la seule région de France où les traditions tournent essentiellement autour du cheval et surtout du taureau. D'Aigues-Mortes à Fos sur Mer, son culte est reçu comme une religion nommée « La Fé di Biou ».

Son élevage est absolument indissociable de celui du cheval. La surveillance du bétail, son entretien, les soins, les ferrades, les changements de pâtures, le tri pour les courses à la cocarde ne peuvent s'effectuer qu'à cheval, puisque les manades de taureaux sont en totale liberté dans les sansouires et les marais.

 

Ces petits chevaux blancs n'ont été découverts par le grand public qu'avec l'arrivée du cinéma, faisant de la Camargue le « far-west français », une destination très à la mode, où le cheval contribuait à pénétrer et à découvrir une région réputée inaccessible.

Si depuis très longtemps les haras nationaux ont essayé sans succès, d'en faire un cheval de remonte pour l'armée en opérant des croisements, c'est l'arrivée de la mécanisation, et surtout l'engouement dans les années 1950-1960 des touristes avides d'espace et de liberté, [que l'on faisait grimper sur n'importe quel cheval croisé pourvu qu'il soit blanc], qui ont fait peser une réelle menace sur l'avenir de la race.

Emue de cette situation, une poignée d'éleveurs, propriétaires de manades de taureaux et de chevaux, désireux de préserver ce noyau génétique du cheval de travail aux taureaux, créèrent en 1964, l'Association des Eleveurs de Chevaux de Race Camargue [AECRC].

Grâce à leur acharnement, la race Camargue fut reconnue officieusement en 1967, puis officiellement, par arrêté ministériel, le 17 mars 1978, fixant définitivement son standard et son berceau de race [sauf pour la taille au garrot qui est passée de 1,45 m à 1,50 m ].

Aujourd'hui la race de chevaux Camargue est toujours gérée par l'AECRC, qui tient aussi le stud book de la race. Chaque année l'association organise des concours d'élevage, ainsi que la reconnaissance des étalons agrées à la monte publique.

Tout pourrait être idyllique, mais pourtant une menace d'un autre ordre se profile.

Si auparavant, le cheval Camargue était uniquement un précieux auxiliaire des gardians pour la conduite et la maîtrise des troupeaux de taureaux, depuis quelques années, devant l'intérêt croissant des cavaliers pour une pratique sportive de l'équitation [dressage, attelage, randonnée, concours hippiques, saut d'obstacles] la plupart des éleveurs inscrits à l'AECRC, très souvent non propriétaires de taureaux, s'orientent ou semblent s'orienter vers un type de cheval plus apte à répondre à la demande de ce marché en plein essor ou vers le cheval de loisir, ce qui évidemment d'un point de vue économique, ne peut qu'être louable voire encouragé afin de permettre aux éleveurs de maintenir un certain niveau de vie.

Mais si nous n'y prenons pas garde, l'évolution qui s'opère dans les élevages et la réduction des pâturages, vont très probablement modifier la qualité du cheptel, avec à terme la destruction d'un patrimoine génétique unique, ainsi que les types d'espaces utilisés pour l'élevage traditionnel extensif.

A ce jour l'AECRC comprend 288membres qui se répartissent ainsi :

  • 96 élevages en manade dans le berceau de la race

  • 76 élevages hors manade, dans le berceau de la race

  • 116 élevages hors berceau de la race

  • 3 élevages outre mer ou étranger

 

Dans ce contexte, la Maison du Cheval Camargue, Mas de la Cure qui se veut être complémentaire de l'AECRC, se propose de mettre en place, avec l'aide de l'INRA et du CNRS, une action de sélection et de sauvegarde de certaines familles de chevaux de race Camargue reconnue et dont les performances dans le tri du bétail sont unanimement appréciées. Le but est aussi de permettre à moyen ou long terme d'être une vitrine, où les éleveurs pourront venir se ressourcer quand le besoin s'en fera sentir.

L'objectif de la Maison du Cheval Camargue, Mas de la Cure sera de conserver la diversité génétique de ces familles, même si le « type » produit ne correspond pas à la demande, bien au contraire.

La conservation d'une race [ou des races] est indispensable en tant que réservoir génétique pour éviter une crise de biodiversité, car il n'existe pas une infrastructure officielle chargée de la conservation de la race Camargue.

A ne pas manquer :

De mai à septembre :

Visites commentées de la manade de chevaux de race Camargue du Mas de la Cure.

Les mercredis et vendredis de 10h à 11h45 (sur réservation)

Visite de notre manade de chevaux Camargue
FLYER MAS DE LA CURE Visites 2017.pdf
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